Les machines de TeraLab.

Plateforme de big data et d’intelligence artificielle, TeraLab met tout un écosystème d’experts de ces sujets à disposition des entreprises. Un objectif : lever les verrous scientifiques et technologiques auxquels sont confrontées les organisations souhaitant exploiter leurs données. Hébergée par l’IMT, TeraLab fait partie de l’offre de plateformes technologies du Carnot Télécom & Société numérique. Anne-Sophie Taillandier, directrice de TeraLab, nous présente la plateforme.

 

Quel est le rôle de la plateforme TeraLab ?

Anne-Sophie Taillandier : Nous proposons aux entreprises d’accéder à des chercheurs, des étudiants et des entreprises innovantes pour lever des verrous technologiques sur l’utilisation de leurs propres données. Nous fournissons des moyens techniques, des infrastructures, des outils et des compétences d’accompagnement dans un environnement souverain, sécurisé, et neutre. Les entreprises peuvent ainsi prototyper des produits ou des services au plus proche du cas réel, pour un transfert technologique le plus rapide possible.

Comment travaillez-vous avec les entreprises ?

AST : D’abord, nous aidons à la formalisation du cas d’usage. Il arrive souvent que les entreprises viennent nous voir avec une idée vague du cas d’usage à traiter. Nous allons donc les aider, en faisant intervenir des experts si besoin. C’est une étape cruciale parce que notre objectif c’est aussi que les entreprises puissent évaluer un retour sur investissement à la fin des travaux de recherche ou d’innovation. Cela leur permet d’étudier les investissements pour une  mise en production ; il faut donc que le besoin soit bien défini. Ensuite, nous les aidons à comprendre ce qu’elles ont le droit de faire avec des données. Là encore nous pouvons faire intervenir des experts juridiques si nécessaire. Et enfin nous les accompagnons sur la spécification de l’architecture technique.

Comment vous différenciez-vous par rapport à d’autres plateformes de service sur le big data et l’intelligence artificielle ?

AST : D’abord par l’écosystème dont nous bénéficions. TeraLab est rattachée à l’IMT, donc nous bénéficions de nombreux chercheurs experts sur ces sujets et d’étudiants que nous pouvons mobiliser pour répondre aux challenges technologiques posés par les entreprises. Ensuite, TeraLab est une plateforme précompétitive. Nous sommes aussi capables de définir un cadre qui allie des aspects juridiques et techniques pour répondre de manière personnalisée au besoin d’une entreprise. Nous pouvons trouver un équilibre assez fin entre sécurité et souplesse pour à la fois rassurer les organisations qui nous sollicitent, et en même temps permettre aux chercheurs d’avoir assez de marge de manœuvre pour trouver des solutions aux problèmes posés.

Quel niveau de sécurité technique pouvez-vous fournir ?

AST : Techniquement, nous pouvons aller jusqu’à un niveau hyper sécurisé où l’utilisateur de la donnée ­­fournie ­— le chercheur par exemple — peut voir la donnée mais jamais l’extraire. D’une manière générale, pour sortir une donnée de l’espace de travail, il faut passer par un parcours de validation qui implique le fournisseur de données et l’équipe de Teralab. C’est donc un mélange d’aspects techniques et juridiques qui assure la sécurité des données pendant le projet. Et puis nous sommes un espace neutre et souverain, ce qui assure également une forme d’indépendance qui rassure les entreprises.

Qu’est-ce que la neutralité signifie pour vous ?

AST : Nous proposons des composants techniques open source. Nous n’avons rien contre les produits sous licence, mais si une entreprise veut utiliser un tel outil, elle doit apporter elle-même la licence. Notre équipe technique a une très bonne connaissance des différentes librairies et API, et des composants nécessaires pour monter un espace de travail. Ils adaptent les outils au besoin de l’entreprise. À la fin d’une expérimentation, nous n’avons pas vocation à héberger le service au-delà. Nous entrons dans une deuxième phase de transfert technologique de manière à ce que les services ou produits puissent être intégrés chez le client. Nous n’avons donc rien à « vendre » sinon notre expertise. C’est cela qui assure aussi notre neutralité.

Sur quels cas d’usage travaillez-vous ?

AST : Depuis le début de TeraLab, plus de 60 projets ont tourné sur la plateforme, et nous en avons actuellement 20 en parallèle. Ils peuvent aller de 3 mois à 3 ans. Nous avons eu des projets dans la logistique, l’assurance, les services publics, l’énergie, la mobilité, l’agriculture… En ce moment, nous nous concentrons sur trois secteurs. Le premier est la cybersécurité : ce qui nous intéresse c’est de voir quels sont les verrous d’accès à la donnée, comment mettre en conformité un environnement, et assurer le respect des informations personnelles. Et puis nous travaillons beaucoup sur la santé, et l’industrie. Sur l’aspect géographique, nous travaillons de plus en plus au niveau européen dans le cadre de projets H2020. De plus, la plateforme bénéficie d’une reconnaissance grandissante des institutions européennes, avec notamment le label « Silver i-space » décerné par la BDVA.

Physiquement, comment se présente TeraLab ?

AST : TeraLab, ce sont des machines à Douai, une équipe technique à Rennes, et une équipe business à Paris. Les accès à la plateforme se font à distance, donc il n’y a pas besoin d’être physiquement proche de la plateforme, ce qui est différenciant par rapport à d’autres plateformes de service. Depuis peu, nous sommes capables d’aller sécuriser des machines directement chez le client si celui-ci a des contraintes particulières sur le déplacement de ses données.


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