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OMNI : les sciences humaines et sociales pour explorer les enjeux de la société numérique

5 février 2021 • Big Data & IA - Industrie du futur - Médias du futur - Réseaux & IoT - Santé numérique - Smart City

Le transfert technologique existe aussi en sciences humaines et sociales ! La plateforme bretonne OMNI le prouve en mettant ses activités de recherche au service des organisations. Elle rapproche chercheurs et professionnels pour étudier l’impact du numérique sur la société. La pertinence de son approche vaut à la structure d’intégrer désormais l’offre de « plateforme technologique » du Carnot Télécom & Société numérique. Nicolas Jullien, chercheur en économie du numérique à IMT Atlantique et responsable d’OMNI, nous en dit plus sur la façon dont les organisations et les chercheurs collaborent sur des sujets à l’interface entre numérique et société.

Quel est le rôle de la plateforme OMNI ?

Nicolas Jullien : Structurellement, OMNI est rattachée au groupement d’intérêt scientifique Marsouin, qui réunit les 4 universités et des grandes écoles de Bretagne, et les trois universités des Pays de la Loire*. Ce réseau-là est au service d’une ambition régionale depuis 20 ans, celle d’avoir un outil de recherche et d’études de l’impact du numérique sur les pratiques des citoyens, des collectivités… et des organisations.

OMNI, c’est la capacité de ce réseau de recherche à proposer des études de l’impact du numérique sur la société. La plateforme met autour de la table des praticiens, des chercheurs pour problématiser les grandes questions que peuvent se poser les organisations publiques ou privées. Elle met ensuite en place des programmes de collecte et d’analyse d’informations pour répondre à ces questions. Nous pouvons réaliser, selon les besoins, des enquêtes par questionnaire – des études quantitatives – ou par entretien – ce sont des études plutôt qualitatives. Nous garantissons aussi la confidentialité des réponses, ce qui est évidemment important dans le cadre du RGDP. C’est surtout un gage de neutralité entre l’acteur qui souhaite récolter des informations et les acteurs enquêtés.

OMNI est donc une plateforme de mise en relation, de structuration des questions des praticiens, grâce à la recherche en sciences humaines et sociales ?

NJ : Oui, tout à fait. Si une organisation se pose des questions sur le numérique et son impact, et veut travailler avec les chercheurs de Marsouin pour collecter et analyser de l’information afin d’y répondre, elle passe par OMNI. Nous l’aidons à poser le problème, à exprimer ses besoins ou même à les identifier. Nous mobilisons les chercheurs de Marsouin pour définir les questions et le protocole de collecte d’information le plus adapté, et nous réalisons la collecte des données, leur analyse statistique et la réponse à la question posée.

Quelles sont les compétences scientifiques que vous pouvez mobiliser ?

NJ : Marsouin compte plus de 200 chercheurs en sciences humaines et sociales. Les thématiques de travail vont de l’e-gouvernement à l’e-éducation, en passant par les sujets d’inclusion sociale et numérique, d’emploi, de consommation, de modèle économique, de fonctionnement des organisations et du travail… Les disciplines sont très variées, et nous permettent d’avoir une approche très complète de l’impact du numérique sur une organisation, sur une population, sur un territoire.

Nous comptons des chercheurs en sciences de l’éducation, en ergonomie, en psychologie sociale ou cognitive, en sciences politiques, et bien sûr des économistes et des sociologues. Mais nous avons aussi des disciplines qui sont peut-être plus surprenantes pour le grand public mais tout aussi importantes dans l’étude du numérique et de ses impacts. C’est le cas de la géographie, de l’urbanisme, des sciences de gestion et des juristes, très impliqués depuis la prise de conscience massive de l’importance des données personnelles.

Le lien entre numérique et géographie peut surprendre. À titre d’exemple, quel est l’apport d’un géographe sur la question du numérique ?

NJ : La question que pose le numérique c’est aussi celle de l’accès aux ressources en ligne. Or le géographe s’intéresse tout particulièrement au rapport entre l’humain, ses ressources et son territoire. Intégrer la géographie permet d’étudier le lien entre le territoire et la consommation des ressources numériques, voire de questionner plus radicalement la pertinence du territoire physique dans les études d’influence d’internet. C’est aussi une discipline qui permet de regarder certains facteurs favorisant l’innovation. Peut-on innover partout en France ? Quelle est l’influence d’un territoire urbain ou rural sur l’innovation ? Ce sont des questions que se posent particulièrement les chambres de commerce et d’industrie, les régions, ou des organisations comme la FrenchTech. La crise sanitaire a souligné la volonté des français de trouver un nouvel équilibre géographique entre lieu de travail et lien de vie. À Marsouin, grâce aux chercheurs et à OMNI, nous étudions ces questions depuis plusieurs années.

Pourquoi ces organisations viennent-elles vous voir ? Que cherchent-elles dans un partenariat avec un groupement d’intérêt scientifique ?

NJ : Je dirais que les partenaires viennent chercher du recul. Ils veulent des questions originales, ou un point de vue, une expertise, qui soit pointue sur des domaines complexes. En travaillant avec des chercheurs, ils se forcent à bien poser leur problème, à ne pas forcément chercher des réponses tout de suite. Nous avons cette capacité de leur apporter la respiration qu’ils cherchent. Mais nous ne pouvons le faire que si nos chercheurs peuvent faire des propositions et s’impliquer dans les problématiques des partenaires. Nous proposons des services, mais nous ne sommes pas un cabinet de conseil : notre objectif reste de proposer une valeur ajoutée de recherche.

Un exemple de partenariat ?

NJ : De manière générale, notre partenaire historique, sans lequel Marsouin n’existerait pas est la Région Bretagne. Nous pouvons citer ici deux exemples d’enquête sur les usages numériques soutenues par des partenaires :

  • L’enquête individus CAPUNI 2019 sur l’évolution des usages du numérique. Cette enquête a été menée dans la prolongation des travaux initiés par le projet de recherche ANR CAPACITY en 2017 qui s’intéressait aux questions d’empowerment par les usages numériques. Le travail soutenu par la Région Bretagne, a pris une envergure nationale grâce au concours de l’Agence Nationale à la Cohésion des Territoires (ANCT) et de la région Bourgogne-Franche-Comté. L’enquête a été menée par téléphone auprès de 7 500 personnes avec notamment un focus sur les usages du numérique dans les quartiers prioritaires de la ville.
  • L’enquête auprès des entreprises. Après les confinements, nous avons interrogé en mai 2021 toutes les entreprises de Bretagne (plus de 10 salariés) sur l’impact de la crise sanitaire sur leurs pratiques commerciales, mais aussi sur leur organisation interne ou sur les questions de cybersécurité. Cette enquête a intéressé la Région Pays de la Loire, qui nous a demandé de la reproduire sur son territoire (juin 2021). Au total, plus de 20 000 entreprises ont été contactées (enquête par courrier, relance électronique puis par téléphone).

Qu’est-ce que la labellisation Carnot apporte à OMNI ?

NJ : C’est d’abord une reconnaissance de notre expertise et de notre pertinence pour les organisations. Ensuite, c’est une meilleure visibilité au niveau national, ce qui nous a permis de renforcer nos partenariats avec les organisations publiques à l’échelle du pays. Et c’est également une meilleure visibilité auprès des acteurs privés. Nous espérons développer rapidement de nouveaux partenariats à l’échelle nationale avec les entreprises sur des thématiques de numérisation de la société, d’évolution du travail et des modèles d’affaires, et d’industrie du futur.


* Les membres de M@rsouin sont :

Université de Bretagne Occidentale, Université de Rennes 1, Université de Rennes 2, Université de Bretagne Sud, IMT Atlantique, ENSAI, Sciences Po Rennes, Université d’Angers, Université du Mans, Université de Nantes.

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